Une institution africaine
Celles et ceux
qui écrivent le prochain
chapitre de l’Afrique.
Ce ne sont ni des forces, ni des tendances, ni l’air du temps qui font l’histoire. Ce sont des personnes qui décident, à des moments où elles auraient pu décider autrement. Nous cherchons celles qui décident aujourd’hui.
01 / La question
Qui fait l’histoire aujourd’hui ?
Une génération d’Africains a affronté le grand défi de son époque et a repoussé les limites du possible. Son courage fait partie de ce dont ce continent a hérité, et rien de tout cela n’est remis en question ici.
Mais l’histoire ne s’arrête pas, et la tâche a changé. Libérer un pays et le faire fonctionner sont deux défis distincts, qui n’exigent pas les mêmes qualités de ceux qui s’y attellent.
La question n’est donc pas de savoir si l’Afrique a des leaders. Elle est de savoir qui nous montre déjà à quoi ressemble la contribution de demain, et si quelqu’un prend la peine de l’écrire pendant que ces personnes sont encore à l’œuvre.
02 / L’argument
Ce qui a mené l’Afrique jusqu’ici ne la mènera pas plus loin.
Chaque génération hérite d’une tâche historique différente. Celle qui nous a précédés a bâti des nations à partir de territoires occupés. Il a fallu de la mobilisation, de la résistance, des sacrifices, et le courage d’agir quand agir était dangereux.
La tâche, aujourd’hui, est de bâtir ce qui fonctionne et continue de fonctionner. Des institutions qui survivent à leurs fondateurs. Des économies qui produisent. Des écoles qui enseignent. Des entreprises qui créent de la richesse là où vivent les gens. Une science faite ici, par des gens d’ici.
Ce n’est pas une tâche plus modeste. C’est une tâche différente, et elle demande des qualités dont la précédente avait moins besoin : du discernement, de la patience, une vraie maîtrise technique, la capacité de collaborer par-delà les frontières, et la volonté de bâtir quelque chose qui ne vous appartiendra pas.
L’argument n’est pas que la génération précédente a échoué. C’est que la suivante a reçu un problème différent, et que personne n’a écrit le mode d’emploi.
03 / Le travail
Cinq étapes, dans l’ordre, aussi longtemps qu’il le faudra.
Repérer
Repérer des Africains dont le travail, les choix et la contribution montrent qu’ils peuvent façonner l’avenir. Pas ceux qui sont célèbres pour être célèbres. Ceux dont le travail résisterait à un examen rigoureux.
Documenter
Recueillir leur histoire avec leurs propres mots, et la conserver correctement. Entretien, transcription, dates, décisions, photographies, sources, autorisations. Chaque histoire crée un dossier d’archives le jour même de sa publication, et non des années plus tard, quand quelqu’un pense enfin à ouvrir des archives.
Étudier
Aller au-delà de la version inspirante. Qu’ont-ils vu que d’autres n’ont pas vu ? Qu’est-ce que cela leur a coûté ? Qu’est-ce qui a échoué ? Que feraient-ils autrement ? Un portrait qui ne répond pas à ces questions n’est qu’un communiqué de presse.
Faire grandir
Transformer ce que nous apprenons en quelque chose d’utile pour celles et ceux qui n’en sont pas encore là. C’est le rôle du Fellowship, et c’est pourquoi documenter n’est pas une fin en soi.
Relier
Mettre en présence ceux qui ont déjà accompli des choses difficiles et ceux qui s’apprêtent à s’y lancer. D’un pays à l’autre, d’un secteur à l’autre, et par-delà la frontière entre générations qui, d’habitude, les sépare.
04 / Le Journal
OuvertLà où la réflexion se fait en public.
Quatre rubriques. Les Récits sont des portraits approfondis de personnes qui font l’histoire. Les Essais défendent des idées sur l’avenir de l’Afrique, y compris des idées sur lesquelles nous pourrions nous tromper. Les Entretiens sont enregistrés longuement et publiés presque en entier. Relève est consacrée à celles et ceux qui pourraient façonner l’avenir avant que quiconque ne les ait remarqués.
Le Journal est écrit pour être compris dès la première lecture, y compris par celles et ceux dont le français n’est pas la langue maternelle. C’est le cas d’une grande partie des lecteurs de ce continent.
Ce qui a mené l’Afrique jusqu’ici ne la mènera pas plus loin
La génération de la libération a résolu le problème qui se posait à elle. Celui qui se pose à cette génération est différent, et faire comme s’il était le même, c’est ainsi qu’un continent perd vingt ans.
Des personnes, pas des leaders
Pourquoi cette institution refuse le mot que presque tout le monde emploie dans ce domaine, et ce qui change dès que l’on cesse de chercher des leaders pour chercher des personnes.
Pourquoi il n’y a pas encore de classement
L’Afrique n’a pas besoin d’un énième classement des cent personnalités les plus influentes. Elle a besoin que quelqu’un fasse d’abord le travail correctement. Ce qu’il faudrait pour publier une liste qui ait du sens.
05 / Le Fellowship
Candidatures bientôt ouvertesQui pourrait faire l’histoire demain.
Si le Journal documente celles et ceux qui font déjà l’histoire, le Fellowship fait grandir celles et ceux qui pourraient la faire demain.
Ce n’est pas une formation en communication ou en marque personnelle. Il en existe des milliers. C’est un programme de travail construit autour d’une seule question : de quoi une personne a-t-elle réellement besoin avant d’être prête à façonner l’avenir ?
Cinq niveaux, une grille d’évaluation visible de tous, et un critère que personne d’autre n’utilise : les personnes qui vous entourent sont-elles prêtes à engager leur propre nom pour vous ?
06 / Les archives
L’essentiel de ce que le monde sait de l’Afrique a été écrit par d’autres.
C’est le constat discret sur lequel repose cette institution. Le dernier siècle de ce continent a été raconté en grande partie par des visiteurs, et le siècle précédent ne l’a presque pas été du tout. Ce qui subsiste, c’est ce que d’autres ont jugé bon de conserver.
L’Afrique n’a jamais manqué de personnes dignes de mémoire. Elle a manqué de gens pour les consigner pendant qu’elles étaient encore à l’œuvre.
Alors nous les consignons. Chaque histoire que nous publions devient un dossier permanent : numéroté, daté, situé, et accompagné de tout ce qui le fonde. L’enregistrement. La transcription. Les décisions. Les échecs. Les preuves. L’autorisation qui nous permet de conserver tout cela aussi longtemps qu’il le faudra.
Dans cinq ans, ce sera une collection. Dans vingt, quelque chose qu’aucun classement ni aucun prix sur ce continent ne pourra reproduire. Dans cinquante, ce qu’une étudiante ouvrira pour comprendre comment les choses se sont réellement faites, par des gens qui lui ressemblaient, dans un lieu qu’elle reconnaît.
07 / Partenaires
Financer un temps fort, tout le monde sait le faire. Financer ce qui tiendra encore debout dans cinquante ans, presque personne ne s’y risque.
Dans ce domaine, l’essentiel de l’argent achète un événement, un rapport ou une année d’activité. Puis il s’arrête, les gens se dispersent, et ce qui a été appris part avec eux. C’est ainsi que l’Afrique est financée depuis soixante ans.
Nous demandons autre chose. Aidez-nous à bâtir une institution qui trouve ces personnes, consigne ce qu’elles savent, l’étudie sérieusement et le transmet. Une institution qui le fera encore quand toutes les personnes impliquées aujourd’hui auront passé la main.
08 / La lettre
Une lettre, seulement quand elle en vaut la peine.
Nouveaux dossiers, nouveaux textes, et l’ouverture du Fellowship. Pas plus souvent que nécessaire, et votre adresse n’est jamais vendue.